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Défi
Le Penjab, qui est la plus grande province du Pakistan, compte près de 100 millions d'habitants, soit environ 60 % de la population totale du pays. Il forme depuis longtemps la contribution la plus importante à l'économie nationale ; province la plus industrialisée du pays où l'irrigation est largement répandue, le Penjab présente une production agricole diversifiée. Néanmoins, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, les difficultés du secteur éducatif constituent aussi depuis longtemps une pierre d'achoppement. En 2001, le taux de scolarisation dans l'enseignement primaire n'était que de 45 %, et les tentatives d'améliorer l'éducation en termes d'accès et de qualité en étaient au point mort. Au cours de la décennie écoulée, les taux de scolarisation dans le primaire ont augmenté pour atteindre un peu plus de 60 %, mais les disparités entre milieu urbain/rural et entre régions persistent, et les résultats scolaires restent faibles. Si le Penjab parvient à se rapprocher de l'objectif ambitieux de l'éducation primaire pour tous, les progrès se répercuteront à l'échelle du Pakistan tout entier.
Démarche
Pour relever ce défi, les autorités du Penjab ont, en 2003, engagé un vaste programme de réforme du secteur de l'éducation (PESRP), qui vise à améliorer l'accès à une éducation de qualité et à procéder à une refonte de la gouvernance et de la responsabilité. Les objectifs de ce programme sont d'accroître la scolarisation, d'améliorer les taux d'achèvement des études, de réduire les disparités entre les garçons et les filles et entre les villes et les campagnes et d'améliorer l'évaluation des acquis des élèves.
Le projet PESP, qui vient appuyer le programme du gouvernement, présente quatre caractéristiques. Premièrement, il est fondé sur la performance et les fonds ne sont déboursés que si les indicateurs annuels convenus sont atteints. Ces indicateurs rendent compte des résultats intermédiaires jugés essentiels à la réalisation à moyen terme des objectifs de développement. Deuxièmement, le projet repose sur des initiatives de gouvernance qui visent à renforcer la responsabilité et les capacités et à fournir des incitations appropriées pour accroître l'efficacité des prestations de service. Troisièmement, il soutient l'amélioration de la gestion du budget et des finances publiques, de la gestion financière, de la gestion de la passation des marchés et des principes et pratiques de protection de l'environnement. Quatrièmement, il renforce encore les systèmes de suivi et d'évaluation de plusieurs façons, notamment au moyen d'études de validation effectuées par des tiers et de rigoureuses évaluations d'impact.
Résultats
- Le taux net de scolarisation dans les écoles du premier degré du secondaire a augmenté depuis le lancement du projet PESP et est passé de 20 à 22 % entre 2008 et 2010. Le ratio filles/garçons a progressé de 74 à 85 % sur cette même période. Les taux nets de scolarisation dans le primaire, qui ont enregistré une hausse depuis le lancement du programme PESRP — de 45 % à 62 % entre 2002 et 2008 —, ont été maintenus durant le projet PESP.
- Les interventions opérées au niveau de l'offre, comme l'amélioration des infrastructures et des manuels scolaires, ont été bénéfiques. Plus de 30 000 écoles ont été équipées de toilettes, de murs d'enceinte et de salles de classe supplémentaires. Dans le cadre du PESP, une approche globale a été adoptée qui a permis d'équiper 1 400 établissements de toutes les installations qui leur faisaient défaut en vertu d'un seul programme. Un peu plus de 34 millions de manuels ont été distribués gratuitement à plus de 11 millions d'élèves de toutes les classes du primaire et du secondaire au cours de l'année scolaire 2010-11. Cette initiative s'appuie sur une réforme instaurant l'ouverture à la concurrence de l'impression et de la publication et le droit à la paternité des ouvrages scolaires dans la province et ayant permis d'améliorer la qualité de la production.
- L'accent a été mis sur le recrutement, la formation et les performances des enseignants. Entre 2003 et 2006, 150 000 enseignants ont été engagés sur la base de leurs compétences et placés dans des établissements. 79 000 enseignants des écoles supplémentaires ont été recrutés au mérite depuis le lancement du projet PESP. Le fait de recruter les enseignants avec des contrats spécifiques aux établissements d'affectation a permis de réduire l'absentéisme.
- Les allocations versées aux filles ont porté leurs fruits. Plus de 400 000 filles admissibles reçoivent une allocation mensuelle conditionnée à l'assiduité scolaire dans les seize districts présentant le plus faible taux d'alphabétisme.
- Les partenariats ont aidé les élèves démunis. Environ 2 000 écoles privées peu coûteuses ont bénéficié, dans le cadre d'un partenariat public-privé, d'un soutien financier visant un million d'élèves des quintiles à revenu relativement faible.
- Le projet a renforcé les capacités du secteur éducatif. Des conseils d'établissement opérant au niveau des communautés ont été mis en place dans 43 000 écoles primaires et le gouvernement a fait appel à des organisations non gouvernementales (ONG) pour les aider à renforcer leurs capacités. La gouvernance du secteur a été améliorée grâce à des validations indépendantes annuelles réalisées par des tiers. La capacité du district en matière de suivi et de mise en œuvre a été renforcée, toutes les écoles de la province faisant désormais l'objet d'un suivi systématique par des fonctionnaires d'État qualifiés.
- Le projet a instauré des normes d'examen et un système de suivi crédibles. Une commission indépendante a été chargée de la conduite d'examens universels pour les élèves de cinquième et huitième années et organisé trois cycles d'examens. Un système de suivi solide et fiable a été établi pour contrôler les inscriptions, les dépenses du secteur, le recrutement et les travaux de construction.
Témoignages
Carte
Cliquer pour voir les emplacements du projet :

Contribution de la Banque mondiale
Le projet PESP, financé à hauteur de 350 millions de dollars par l'Association internationale de développement (IDA), a été lancé en 2008, et couvre environ 10 % du budget total que le gouvernement provincial consacre à l'éducation sur trois ans. Le projet comporte aussi une composante de 10 millions de dollars visant à fournir une assistance technique à l'appui de la mise en œuvre du programme à moyen terme du gouvernement. Le projet PESP soutient le programme PESRP, qui avait été financé par quatre crédits (d'un montant total de 400 millions de dollars) accordés par l'IDA à l'appui des réformes de l'éducation entre 2004 et 2007. Le soutien permanent de l'IDA a permis une réelle continuité du dialogue avec le gouvernement provincial. En outre, l'IDA a aussi mobilisé le soutien d'autres partenaires de développement en faveur du PESRP. Enfin, les systèmes de suivi mis en place dans le cadre du projet sont en cours de reproduction dans d'autres provinces et d'autres secteurs (dont l'irrigation) au sein de la province. Le soutien de l'IDA a en outre financé une série d'évaluations d'impact rigoureuses pour déterminer les meilleures pratiques dans l'optique d'une expansion future du projet et de son éventuelle adaptation au contexte d'autres pays.
Partenaires
Le Département britannique du développement international (DFID) contribue au programme PESRP par un financement parallèle de 45 millions de livres, assorti de décaissements synchronisés et des mêmes mécanismes de contrôle. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) soutient le programme PESRP au travers d'un dispositif de cofinancement de 19 millions de dollars canadiens avec l'IDA. L'aide fournie par les partenaires de développement au secteur éducatif du Penjab représente moins de 12 % du budget que consacre la province à l'éducation.
Perspectives
Compte tenu du fait que 38 % des enfants en âge d'aller à l'école primaire ne sont toujours pas scolarisés, de la faible scolarisation dans le secondaire et de la faiblesse des acquis scolaires, le Penjab se trouve devant une lourde tâche inachevée. Le gouvernement de la province a engagé une deuxième génération de réformes qui visent à élargir l'accès à l'éducation, à relever les taux d'achèvement des études, à améliorer la qualité des réformes et les acquis scolaires des élèves et à renforcer la gestion de l'école et la gouvernance du secteur. Le financement de l'IDA, qui est lié à la réalisation de résultats concrets, contribue à accroître les capacités de mise en œuvre et de suivi du secteur de l'éducation et à en améliorer la gouvernance.
(a) indique une page en anglais.




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